Cet instant où l'essence de l'œuvre affleure

Les dessins à la plume de François Dubeau s'inscrivent dans une réflexion sur l'esquisse, plus précisément sur le regard posé sur une telle œuvre. L'observateur sera-t-il interpellé par les ellipses? Puisera-t-il dans sa propre subjectivité pour fermer les lignes?

Chacun des dessins de François Dubeau naît d'une ligne tracée à l'aveugle puis observée sous tous les angles. L'observation de ce trait initial est l'élément déclencheur : autour de lui s'organise le reste de la composition, la recherche du point d'équilibre entre le minimum de traits et le maximum de réponse anticipée de l'observateur.

Pour capter cet instant où l'essence de l'œuvre affleure, l'artiste privilégie la ligne noire sur le plus fondamental des supports, le papier. Depuis quelques années, il a délaissé le roseau et l'encre de Chine au profit de la plume numérique et de la tablette graphique. Ces «capteurs de gestes» lui permettent enfin de traduire complètement tout ce qu'il met dans le tracé d'une ligne : son impulsion initiale, son souffle, son énergie et sa précision. Ample et libérée, la main explore de manière parfois débridée. La fluidité de l'esquisse n'est plus jamais gommée, perdue ni censurée.

© François Dubeau 2008

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